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  • Côte d'Ivoire : le camp Gbagbo s'enfonce dans les difficultés économiques

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  • Mission délicate à Abidjan pour les experts envoyés par l'Union africaine

    Mission délicate à Abidjan pour les experts envoyés par l

Côte d'Ivoire : le camp Gbagbo s'enfonce dans les difficultés économiques

La stratégie d'étouffement financier entamée par Alassane Ouattara commence à porter ses fruits. Des fruits bien amers pour le président sortant Laurent Gbagbo, qui risque de ne plus pouvoir payer fonctionnaires et militaires à très brève échéance.

À Abidjan, la question est sur toutes les lèvres : combien de temps Laurent Gbagbo pourra-t-il tenir ? La décision, fin janvier, de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) d'interdire l'accès des agences ivoiriennes de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) au président sortant lui a en effet porté un coup très rude.

Le gouvernement Gbagbo a alors répliqué en réquisitionnant les agences et leur personnel, une attitude aussitôt qualifiée de « braquage » par le camp d'Alassane Ouattara. À la suite de quoi la BCEAO a coupé son système électronique de « compensation interbancaire », qui permet aux banques de la place de travailler ensemble, ce qui a eu pour effet immédiat de désorganiser profondément le système bancaire ivoirien.

Pour tenter de faire reculer l'échéance, le camp Gbagbo a appelé les banques à recourir à la « compensation manuelle » à l'agence principale de la BCEAO à Abidjan, placée sous haute surveillance de ses forces de sécurité. « C'est le système d'il y a 15-20 ans, fastidieux et non sécurisé. Certaines banques refusent de le faire. D'ici une semaine, dix jours, tout risque de se bloquer », s'inquiète un banquier sous couvert d'anonymat.

Économie coupée de l'extérieur

Le gouvernement Gbagbo est « en train de déployer » un autre système pour le remplacer, assure son porte-parole, Ahoua Don Mello, qui ne veut parler que de simples problèmes « techniques ». Mais le malaise est réel. Pour le régime, l’enjeu est « d'alimenter le système en liquidités » alors qu'il y a « de moins en moins d’argent pour faire tourner l’économie », désormais largement coupée de l'extérieur, analyse une source proche du dossier. En clair, il y a un « risque que des banques ferment ».

La menace de paralysie du système bancaire s'ajoute aux difficultés liées au gel des avoirs par l'UE et les États-Unis de la plupart des cadres du camp Gbagbo et des entreprises ivoiriennes qu'ils contrôlent (ports, banques, pétrole...).

Conséquence de tous ces déboires : les caisses se vident. À preuve, la Côte d'Ivoire n'a pas honoré le paiement prévu fin janvier des 30 millions de dollars d'intérêts d'un emprunt à des créanciers privés. Le régime « préfère payer les fonctionnaires et les militaires », dont la fidélité lui est vitale.

Car chaque mois, Laurent Gbagbo doit trouver de 100 à 150 millions de dollars pour payer 104 000 fonctionnaires et 55 000 soldats, estime-t-on à l'ONU. En la matière, « on a au moins deux mois encore sans problème », affirme une source à la présidence Gbagbo. Peut-être moins... Et les États-Unis estiment désormais publiquement que l'armée ne suivra plus le président sortant, dès que les militaires ne seront plus payés.

Effet domino

Par un effet domino, tous les secteurs de l'économie de Côte d'ivoire, la plus puissante d'Afrique de l'Ouest sont aujourd'hui affectés par la crise. Fermeture d'entreprises, chômage technique, inflation, opérations d'import-export ralenties : « la situation socio-économique se dégrade drastiquement », selon la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI).

Le cacao, dont la Côte d'Ivoire est premier producteur mondial, n'échappe pas au combat entre les deux rivaux. Le camp Ouattara en a ordonné l'arrêt des exportations jusqu'à fin février et des exportateurs majeurs semblent avoir obtempéré. Le président élu et reconnu par la communauté internationale a également demandé aux opérateurs de ne pas payer leurs impôts.

Par ailleurs, le carburant risque de manquer. Les difficultés d'approvisionnement de la Société ivoirienne de raffinage (SIR, sous sanctions européennes) peuvent « à brève échéance » entraîner une « pénurie en carburant et en gaz », selon une organisation professionnelle.

Au final, pour qui joue le temps sur le front économique ? Pas de réponse pour l'instant à cette question, même si la balance penche évidemment du côté Ouattara. Chaque camp veut en tout cas croire qu'il marque des points durant cette longue crise postélectorale. Si les salariés « ne peuvent pas être payés, est-ce qu’ils vont rester les bras croisés jusqu’à être affamés? Une émeute ne serait pas contre Gbagbo, mais contre Ouattara », prédit un membre de l'entourage du sortant. On pense bien sûr aux jeunes « patriotes » de Charles Blé Goudé et à ses miliciens... Qui ont effectué une démonstration de force samedi à Abidjan. Un tour de chauffe ? (Avec AFP)

JeuneAfrique

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L'Egypte entre dialogue et contestation

Le nouveau gouvernement égyptien mis en place par Hosni Moubarak a entamé le 6 février 2011 des négociations avec l'opposition, dont les Frères musulmans. Selon le pouvoir, les participants à ce «dialogue national» se sont mis d'accord sur «une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution». Mais les Frères musulmans ont aussitôt dénoncé l'insuffisance des réformes proposées.Ce dialogue inédit en tout cas se fait sans le Prix Nobel de la paix Mohamed el-Baradei qui dit n'avoir pas été invité.

La nuit dernière, des milliers d'Egyptiens ont encore campé sur la place Tahrir au Caire. Les groupes de jeunes à l'origine du mouvement ont annoncé la formation d'une coalition et assuré qu'ils ne quitteraient pas les lieux tant que le président Moubarak n'aura pas démissionné.

RFI

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Mission délicate à Abidjan pour les experts envoyés par l'Union africaine

En Côte d’Ivoire, les experts envoyés par le panel de chefs d'Etat chargé par l'Union africaine de dénouer la crise ivoirienne ont commencé leurs consultations à Abidjan. Des experts emmenés par le commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra. Jusqu'au jeudi 10 février, ils doivent s'entretenir avec les acteurs de cette crise avant de rédiger un rapport aux cinq chefs d’Etats.

C’est dans la plus grande discrétion que les experts de l’Union africaine ont commencé leurs travaux. Selon des informations de presse, ils ont rencontré, lundi 7 février au matin au Golf hôtel, Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, puis, en ville, des représentants du camp de Laurent Gbagbo.

Dans l’après-midi, ils devaient se rendre au Conseil constitutionnel ainsi qu’à la Commission électorale. Mais que s’est-il dit durant les entretiens ? Mystère. A l’issue de leur mission, prévue jeudi, et durant laquelle ils doivent aussi échanger avec des représentants de la société civile, des partis politiques et du corps diplomatique, les experts rédigeront un rapport qu'ils remettront aux cinq chefs d'Etat du panel de l’Union africaine. Lesquels se retrouveront le 20 février à Nouakchott, en Mauritanie, avant de rallier Abidjan, en principe dans une quinzaine de jours.

Pour quelles préconisations « contraignantes pour les deux parties » ? Trop tôt pour le dire. Pas sûr, en tout cas, que le panel puisse effectuer ce dernier déplacement sans encombre. Réunis samedi dernier autour de leur chef, Charles Blé Goudé, les « Jeunes patriotes » ont déclaré le président burkinabé Blaise Compaoré, membre du panel, persona non grata en Côte d’ivoire, tandis que d’autres voix, y compris dans le camp Gbagbo, s’élevaient pour laisser le panel travailler dans la sérénité.

De violents affrontements ont éclaté le 7 février à Abidjan entre des manifestants et des forces de l`ordre fidèles au président sortant Laurent Gbagbo. Ils se sont produits dans le quartier d'Abobo, favorable à Alassane Ouattara. Les violences auraient fait des victimes, mais cette information n'a pas pu être vérifiée de source indépendante. Elles auraient été déclenchées par l'intervention des forces de l`ordre pro-Gbagbo contre des jeunes d'Abobo qui protestaient contre le prolongement du couvre-feu dans cette commune d`Abidjan.

RFI

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chronique

100 000 = 5 000 = 50 millions = frais médicaux

Encore une histoire d’argent qui pollue l’atmosphère dans le milieu de la presse. Encore quelques réactions précipitées de patrons plus portés à sauver la réputation de leurs organes que celle de leurs collaborateurs- si les deux ne font pas une. Encore la crédibilité des journalistes qui s’effrite. Encore une profession qui étale son incapacité à garder la distance critique par rapport aux cercles de pression. A prendre le problème à bras le corps. A poser le vrai débat de fond.

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Waxx sa net

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Idées

Le Brésil vient d’élire une femme aux fonctions suprêmes de Présidente de la République. Une première dans ce pays, première puissance économique d'Amérique latine et un exemple à servir à tous les peuples du monde en développement.

L’Afrique a déjà élu Ellen Johnson Sirleaf, au Libéria. Mais outre ce pas de géant dans le sens de l’égalité de genre, quoi d’autre de vraiment original a été fait pour se hisser, comme le Brésil, au rang de pays émergents ? L’exemple de celui qui, en janvier prochain, va céder le fauteuil présidentiel à Mme Dilma Rousseff est donné en modèle dans la réflexion de M Mouhamadou Sy. Pour ce journaliste, le pays de Luis Ignacio Lula Da Silva a montré la voie. L’Afrique peut-elle s’y engouffrer ?

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Afin de trouver une solution définitive et durable aux problèmes liés à la mauvaise fourniture en électricité, l’Etat a décidé de mettre en place un Comité de Restructuration et de Relance du Secteur de l’Energie (CRRSE). Le Comité propose sept actions d’urgence et une Coalition nationale pour la prise en charge du secteur. Autre innovation majeure, la mise en place d’un Comité National de l’Energie (CNE) qui, par des ressources spéciales, va permettre la sécurisation de l’approvisionnement en combustibles. Un Fonds de Sécurisation de l’Importation des Produits Pétroliers (FSIPP) a d’ailleurs mis en place.

Quelques jours après avoir remis son premier rapport qui donne des propositions d’actions pour un plan d’urgence pour le sous-secteur de l’électricité, le Comité de restructuration et de relance du secteur de l’énergie (Crrse) a été l’invité de la rédaction du « Soleil ». Reçu par le Directeur général Cheikh Thiam et le Coordonnateur général Bachir Sow ainsi que les membres de la Rédaction, ce Comité coordonné par Alioune Fall est composé, entre autres, de Abdoulaye Guèye, secrétaire permanent du Comité national des hydrocarbures, du député Abdoulaye Sène, de Serigne Mboup, Pca de la Société africaine de raffinage, des syndicalistes Malick Mbengue, Souleymane Souaré et François André Diouf, Madior Sylla, Amy Diouf, etc.

Les membres du Crrse ont salué la volonté de rupture des autorités en charge de la question de l’énergie, ont souligné la nécessité d’aborder la question de manière holistique. Selon eux, les perturbations notées dans d’autres structures telles que la Sar ont des incidences sur le fonctionnement de la Senelec. Face à la complexité du problème, ils proposent une Coalition nationale pour la prise en charge du secteur. Autre innovation majeure, la mise en place d’un Comité National de l’Energie (CNE), présidé par le chef de l’Etat, dont est membre le Ministère de l’Economie et des Finances et qui, par des ressources spéciales, va permettre la sécurisation de l’approvisionnement en combustibles. Un Fonds de Sécurisation de l’Importation des Produits Pétroliers (FSIPP) a d’ailleurs mis en place.

Le Comité de restructuration ouvert à toutes les compétences sénégalaises

Il y a une corrélation nette entre la disponibilité de l’énergie et le développement. C’est ce qui a guidé l’esprit de l’Etat en mettant en place ce comité qui est une innovation majeure. Ce comité est une structure indépendante composée de personnalités issues de différents secteurs (des membres issus du secteur de l’énergie, qui sont des personnes ressources, des représentants des associations de consommateurs, des syndicalistes, des représentants du Parlement, et d’autres secteurs sociaux) pour réfléchir sur les problèmes et proposer des solutions. C’est ça qui fait la force du comité qui reste ouvert. Le ministre de l’Energie nous encourage à l’ouvrir davantage pour tirer profit de l’expérience et de l’expertise de n’importe quel secteur ou de n’importe quelle personne ressource ayant la volonté de participer à nos travaux. Le comité a un mandat assez large parce que nos attributions vont du plan de restructuration à la relance du secteur de l’énergie. Et pour cela, le comité mobilise toute l’expertise dont il dispose, à savoir les experts et personnes ressources qui le composent. Il tire également profit des résultats des audits des cabinets qui ont été sélectionnés par le gouvernement pour essayer de diagnostiquer la situation du secteur, montrer l’ampleur et l’acuité des difficultés auxquelles il est confronté.

Le comité a eu l’idée, dès le départ, de ne pas uniquement compter sur les travaux des cabinets d’audits parce qu’il y a certains qui sont encore en train de travailler et n’ont pas remis leurs rapports. Nous avons choisi d’aller sur le terrain pour nous faire une idée, pour appréhender la situation. Nous avons fait une vingtaine d’auditions. L’ensemble des sociétés et structures qui travaillent dans le secteur (Senelec, Comité national des hydrocarbures, Petrosen, etc.) ont été auditionnées. Et c’est sur cette base, tenant compte de l’urgence, que nous avons eu à travailler sur un plan d’urgence qui a été remis, le mercredi 19 janvier, au ministre d’Etat en charge de l’Energie. Il a bien accueilli les propositions et nous a assuré de l’engagement du gouvernement à les mettre en œuvre. Il nous a invité à faire de même en ce qui concerne le sous-secteur des hydrocarbures. Evidemment, nous avons travaillé sur tous les sous-secteurs : électricité, hydrocarbures et carburants, gaz, etc.

Un diagnostic largement partagé

Mais nous avons privilégié, dans un premier temps, en ce qui concerne les mesures d’urgences, le sous-secteur de l’électricité dont nous venons de déposer notre premier rapport qui, maintenant, doit être mis en œuvre parce que le gouvernement est d’accord avec les propositions du comité. Il y a d’abord le plan d’urgence sur l’électricité, ensuite il y aura un autre sur les hydrocarbures, et enfin, il y aura un plan de restructuration proprement dit et qui prendra plus de temps. Le comité est chargé par le gouvernement  d’assurer le suivi de la mise en œuvre des différentes recommandations. En termes de périmètre de mission, c’est assez rare. Ça veut dire aussi qu’il y a une large confiance accordée au comité dont il faut souligner la qualité des membres. C’est des gens d’expérience qui connaissent bien le secteur pour y avoir travaillé pendant longtemps.

Dire la vérité aux Sénégalais

Nous avons la volonté de partager les résultats de ces travaux effectués pendant ces trois derniers mois pour dire la vérité aux Sénégalais, parce que si ce dossier est devenu si difficile à gérer aujourd’hui, c’est que pendant longtemps on a utilisé des propos trop diplomatiques pour expliquer une situation très complexe. La rupture intervenue, c’est, désormais, quelle que soient les difficultés, de dire la vérité aux Sénégalais. Ce qui est nouveau aussi, c’est que, pour la première fois, il y a un diagnostic largement partagé. Que ce soient les cabinets d’audits qui ont été sélectionnés et qui ont conduit ce travail, les techniciens du ministère ou les membres du comité, tout le monde est d’accord sur le diagnostic.

De manière générale, ce diagnostic révèle que la situation du secteur est plus complexe que ce qu’on a dit jusque-là, que ce que les médias en disent et ce que le Sénégalais ressent chez lui parce qu’il n’a pas d’électricité. Jusqu’ici on n’a traité que la Senelec, pensant que le problème ne concerne que cette dernière ; alors qu’en réalité, à côté de la Senelec, il y a la Sar (Société africaine de raffinage), il y a d’autres structures qui participent à la complexité du problème. La deuxième chose que montrent les travaux du comité, c’est qu’il n’y a pas de fatalité. La situation est difficile, mais il est possible de s’en sortir. Et dans ce sens, le comité a fait un excellent travail en proposant des axes d’actions au gouvernement dans l’immédiat et pour l’avenir (voir par ailleurs).

La communication sur les délestages est très importante car il faut un respect vis-à-vis du public. Le tailleur qui attend le retour des délestages pour faire son travail doit être informé sur le calendrier des délestages. Nous avons  même demandé au directeur de la communication de Senelec de beaucoup communiquer. Mais aussi respecter les délais. Si vous dites qu’il y aura coupures de 12h à 20h, il faut respecter ce chronogramme. Il faut dire la vérité aux Sénégalais.  Pour la fin des délestages, c’est difficile de donner une date.

Programme d’économie d’énergie

La mise en œuvre de ces solutions requiert la participation de tous : des acteurs, des populations, mais aussi des médias notamment sur le volet économie d’énergie. C’est vrai qu’on en parle beaucoup, mais ce que l’audit a révélé sur ce volet, c’est que si le Sénégal arrivait à installer 3,5 millions de lampes à basse consommation (Lbc), on peut économiser 50 Mw. Une centrale de 50 Mw, c’est presque 35 milliards de francs Cfa. Rien que ça pourrait permettre à la Senelec, chaque soir, de diminuer, dans la distribution de l’énergie, 50 Mw. Avec  ces lampes à basse consommation, c’est une baisse de 9 % de Mw qui ont été économisés et 15 % de réduction sur les factures. L’agressivité, c’est étudier aussi ces possibilité-là, les Lbc, l’économie d’énergie, la récupération des capacités des installations.

Des propositions ont été faites dans ce sens. L’Agence française de développement (Afd) vient d’accepter de financer un vaste programme d’utilisation de Lbc, jusqu’à 5 millions de lampes. En effet, une étude a montré qu’en France, si on éteignait l’ensemble des ordinateurs qu’on mettait en veille, on économiserait une centrale nucléaire. Ça nous donne une idée de l’importance de l’économie d’énergie. L’Etat a déjà pris un décret interdisant la production et l’importation des lampes incandescentes à partir du 1er mars 2011. En réalité, les petits gestes que recommande la Senelec (éteindre les lampes, débrancher les appareils, etc.) peuvent paraître dérisoires, mais si on explique aux gens ce que cela représente comme économie d’énergie, on verrait que c’est important.

Les populations aussi peuvent jouer un rôle extrêmement important. Souvent on ne parle que de la puissance installée, mais on oublie, aujourd’hui, que, si on voit l’évolution de la situation dans le monde et qui impacte sur le prix du pétrole (qui est actuellement au dessus des 100 dollars), on se rend compte que si les choses continuent à se gâter, le Sénégal a un défi extrêmement important à relever. Ça aussi on a voulu le mettre sur la table pour que les Sénégalais comprennent l’ampleur de ce défi qui est déjà là, mais qui risque d’être beaucoup plus compliqué à l’avenir, si les Sénégalais ne prennent pas des attitudes permettant à notre pays de faire face à cette situation à l’échelle mondiale.

On joue sur plusieurs tableaux. Le délestage c’est quand la demande est supérieure à l’offre. L’électricité a ceci de particulier, il faut que l’offre et la demande soient instantanément en équilibre. Quand on a une offre qui est ce qu’elle est, on peut penser à jouer sur la demande en la réduisant. C’est le troisième plan qui concerne la mise en place d’un plan agressif de gestion de la demande. Il est possible, si on a une forte volonté politique derrière, d’agir sur la demande. C’est le cas avec les fameuses Lbc. Si vous avez un usager qui a l’habitude d’utiliser des lampes de 40 Watts, si vous passez à 8 Watts, 11 Watts, vous voyez bien que votre consommation est passée du simple au quart ; la consommation aussi.

Mais si vous avez un usager normal, en plus de l’éclairage vous avez une télé, un frigo – c’est le frigo qui consomme le plus parmi les équipements d’un usager moyen – on constate que parfois le thermostat pose ne s’arrête pas, par conséquent la consommation ne s’arrête pas non plus. Dans ce cas, la consommation peut être multipliée par deux, par trois ou par même quatre. Alors si j’installe des Lbc chez moi et que je ne ferme pas le frigo il y a de très fortes raisons pour que l’incidence de ces lampes là soit minime. Je crois dans ce cas de figure, la Senelec a aussi des efforts à faire pour sensibiliser les usagers. Parfois ce sont des faits qui peuvent impacter jusqu’à 20 % de la demande.

Rétablir la confiance avec les clients

Il faut qu’on règle aussi la question des factures. Car on ne peut pas comprendre qu’on délivre à quelqu’un qui consomme 40.000 francs une facture de un millions de francs. Il y a problème. Il faut qu’on rétablisse la confiance entre la Senelec et les consommateurs en améliorant les relations.  Mais avec ce plan d’urgence on va rassurer les consommateurs dans leurs relations avec la Senelec. C’est dans cadre que la communication est importante. Est-ce qu’il ne faut pas désigner un médiateur entre la Senelec et les populations pour régler certaines problèmes qui surviendront entre eux ?

Une coalition pour la prise en charge du secteur

Depuis les années 1980, nous sommes dans des situations difficiles dans le domaine de l’énergie. C’est un problème complexe, difficile et têtu que nous vivons depuis longtemps. Il faut que les Sénégalais aient la modestie d’accepter que ce n’est pas le fait particulièrement d’une personne, mais que nos réalités africaines font que la couverture des besoins énergétiques d’un petit pays comme le nôtre, ne peut pas être une question simple. Dans d’autres contextes, en Europe par exemple, quand il y a des problèmes, l’interconnexion peut aider à les résoudre. La France peut, par exemple, importer de l’énergie en Roumanie, ou vice versa. Mais les réalités africaines sont telles, aujourd’hui, que quand on aborde cette question, il ne faut pas ignorer le contexte.

Ce qui fait le plus mal, c’est de voir que nous en sommes encore là, malgré tous les efforts qui ont été faits depuis très longtemps et malgré tous les sacrifices consentis par les Sénégalais depuis très longtemps. Malheureusement, dans le traitement de ce dossier, on a comme l’impression qu’on refusait de s’arrêter pour voir pourquoi on en est encore là. D’où l’intérêt de la création de ce comité.

Le problème nécessite une volonté politique très forte. Et on est en train d’assister, dans ce sens, à une évolution positive. Aussi, avons-nous avons besoin d’une coalition de tous les acteurs : les acteurs politiques qui doivent donner l’exemple, montrer qu’ils ont conscience de l’importance de ce secteur ; les acteurs techniques qui doivent faire preuve d’innovations en proposant des solutions osées ; des financiers parce que c’est un secteur qui nécessite beaucoup d’investissements ; mais aussi la compréhension des acteurs sociaux (syndicats) parce qu’à chaque fois qu’on tape dur sur la Senelec, ça se ressent d’une manière ou d’une autre. Tout le monde a sa part dans cette affaire.

C’est une bataille pour le devenir du pays. Ou on arrive à régler ce problème et on peut encore continuer à croire à notre rêve d’émergence, ou on n’y arrive pas et on peut dire adieu à ce rêve. Quand on a un combat de ce niveau, nous croyons qu’au-delà de nos divergences politiques, au-delà des prises de positions des uns et des autres, on peut se mettre d’accord sur l’essentiel. Le comité n’a pas la prétention d’avoir toutes les solutions, mais au moins, quand on a la modestie, de se dire qu’on est ensemble et qu’il y a des solutions qui sont entre les mains de ceux qui sont dans le secteur, et d’autres qui sont en dehors, on peut avancer.

Volonté de rupture

Aujourd’hui, il y a de grands espoirs. Le ministre en charge de l’Energie a dit « oui, j’ai de bons ingénieurs, j’ai de bons financiers, mais je ne me contente pas de mes compétences technico-financiers, je veux une approche inclusive, participative, je veux créer quelque chose d’assez indépendant et je veux que ceux qui sont choisis pour travailler dans cette équipe se sentent libres de dire ce qu’ils pensent, de formuler des propositions aussi brutalement qu’ils le jugeront utile parce que c’est ça qui sera profitable au gouvernement… ». Le gouvernement a dit : « on va créer ce Crrse, mais on va même montrer au peuple sénégalais qu’on va mettre la question de l’énergie au top de l’agenda politique, on va même créer un Comité national de l’énergie et qui sera dirigé par le président de la République ». Cette volonté d’avoir une approche holistique, est porteuse de grands espoirs.

C’est parce qu’il y a une volonté de rupture, qu’après avoir fixé le cadre pour voir la situation et les interactions, la complexité du système, le comité a dégagé des solutions bien structurées et bien hiérarchisées en allant de ce qui est très urgent aux solutions à long terme. On est dans une démarche qui ne consiste pas seulement à chercher une solution de sortie de crise, mais on cherche aussi à libérer notre pays de cette contrainte énergétique pour que demain, pourquoi pas, petit pays non producteur de pétrole, nous puissions devenir un grand pays exportateur d’électricité en Afrique. Et le gouvernement est aujourd’hui dans les dispositions pour faire les sacrifices nécessaires pour y arriver.

Résoudre durablement les  difficultés d’approvisionnement en combustibles

A cause du déficit de production  de la Sar, la Senelec, pour couvrir le reste de ses besoins, est obligée d’importer du fuel. Quand la Sar s’est arrêtée, Senelec s’est vue refuser par certaines multinationales qui avaient la capacité d’importer parce qu’elle n’avait pas les moyens de payer normalement. C’est la raison pour laquelle Senelec s’est portée volontaire pour chercher une licence d’importation, Depuis 1998, pour exercer dans le sous-secteur des hydrocarbures, il faut une licence. Les 700 tonnes que la raffinerie (de la Sar) fournit à travers ses installations, c’est un fuel noble, issu du pétrole noble venant du Nigeria qui est même plus cher que le pétrole américain. Pourquoi la Sar traite ce pétrole brut ? C’est parce que ses installations sont vétustes. La Sar ne peut pas traiter un brut plus lourd. Aujourd’hui, il n’y a qu’une centrale qui est approvisionnée de ce fuel, c’est celle de Kounoune conformément aux dispositions régissant son contrat. Elle a une consommation de l’ordre de 350 tonnes par jour. La Sar en fournit 700 tonnes. Cela veut dire que tous les jours, la Sar aurait dû mettre en place un stock traditionnel d’un jour de consommation pour Kounoune. Et au bout du mois, on aurait, au moins, un stock d’un mois pour cette centrale. Mais aujourd’hui, le problème numéro un que nous avons, c’est le combustible. Le Comité national des hydrocarbures, toutes les deux semaines, se réunit, regarde la production de la raffinerie, voit la consommation du marché, puis se projette dans deux mois pour dire : voilà pour chaque produit, il y a un déficit de tant pour la raffinerie et qu’il faut tout de suite importer ce déficit pour l’avoir le mois prochain. Donc, au mois d’octobre déjà, on avait dit qu’il fallait une importation de 30.000 tonnes devant venir dans la fourchette du 15 au 20 décembre pour approvisionner la Senelec.

Ce bateau est arrivé dans les délais et la Senelec n’était pas dans les moyens financiers de payer. Le bateau est parti. Au mois de novembre, nous avions également dit qu’il fallait, dans la fourchette du 15 au 20 janvier 2011, encore 30.000 tonnes. Le bateau qui était parti est revenu pour cette nouvelle échéance. Et c’est ce bateau qui est aujourd’hui là et dont on est en train de faire les analyses. Donc, dans la chaîne d’approvisionnement, le bateau qui devait être là au mois de décembre, n’est pas là, ce qui induit un déficit de 30.000 tonnes. C’est ce qui nous crée ces difficultés actuelles. Et maintenant qu’il est là, il y a un problème de conformité sur la qualité. Puisque nous-nous souvenons de ce qui s’est passé en juillet dernier (un problème de fuel avait endommagé les deux tiers des capacités de productions de la Senelec), la Sar s’est dite qu’il fallait s’arrêter et y regarder de plus près. D’autant plus que ce qui était ressorti de l’incident de juillet, c’était qu’il fallait, désormais, marquer une attention particulière pour la qualité du produit.

Aujourd’hui, ce produit est encore en train d’être analysé pour une troisième fois. Voilà pourquoi nous sommes dans une situation tendue. C’est pourquoi, des programmes d’urgence ont été déroulés pour l’importation de fuel pour Kounoune, parce que la Sar est en arrêt depuis le 22 janvier. La Sar s’est arrêtée également parce que la cargaison de brut qui devait arriver le 22 janvier, pour assurer la soudure, ne sera là que le 13 février. Donc, nous n’avons plus de fuel produit par la Sar aujourd’hui et il faut alimenter la centrale de Kounoune. Heureusement que nous avons une importation qui est arrivée aujourd’hui même (vendredi 4 février) et qui est en train d’être analysée et dont les premiers résultats à notre disposition disent que le produit est conforme pour Kounoune.

Ce qui veut dire que la centrale de Kounoune, en principe, ne devrait pas s’arrêter et aura, ainsi, avec 5.000 tonnes, une autonomie d’au moins trois semaines. Reste maintenant le problème du tanker qui est là en train d’être analysé et dont les résultats ne sont pas encore disponibles. C’est ce tanker qui doit régler l’approvisionnement en combustible des autres centrales qui n’ont pas besoin d’un fuel très noble. Il fallait également procéder, aujourd’hui (vendredi dernier), à une importation d’urgence de 10.000 tonnes qui seront là normalement le 9 février et, en plus de cela, dérouler un autre programme d’importation de 40.000 tonnes qui vont arriver courant février pour pouvoir approvisionner correctement tout le système de Senelec. Ce sont des montants très importants, 1.500 tonnes de fuel par jour, c’est à peu près 450 millions de francs Cfa. Il faut approvisionner certaines centrales avec 200 tonnes de diesel. Ce qui fait 100 millions de francs Cfa de plus. Donc, Senelec a besoin, au moins, de 500 millions de francs Cfa par jour pour fonctionner correctement en matière de combustible. En termes d’achat de combustible et d’énergie de manière générale, Senelec a, en charge mensuelle, 17 milliards de francs Cfa. Alors, si, comme le disent certains, Senelec voulait faire des stocks de trois ou quatre mois, il faudrait multiplier ces 17 milliards de francs Cfa par trois ou quatre. Et il faudrait les immobiliser. Ce qui pose le problème du stock de sécurité déjà en moyens financiers, mais en plus de cela, il faudrait payer des frais de stockage. Le stockage du fuel, comme de tous les autres produits liquides ou produits blancs, c’est 6 francs Cfa le litre. Là aussi, c’est des dépenses énormes. Ce qui pose le problème de mise en place des stocks de sécurité au-delà même des capacités de stockage.

Déficit de capacités de stockage résolu

En effet, en dehors des difficultés de mobilisation de tous ces moyens financiers, il y a le problème des capacités de stockage. Aujourd’hui, sans Senstock (qui vient de démarrer et qui a une capacité de 160.000 m3), ce que nous avions en capacités de stockage terrestres, c’était 90.000 m3 (DOT de Yarakh, SPP produits blancs de Total). Il y en a dans le port (environ 300.000 m3), mais ces stockages portuaires sont surtout destinés à la réexportation pour les navires. Nous avons estimé, pour le marché sénégalais, en 2009, pour avoir les 35 jours de stock de sécurité, comme le prévoit la réglementation, il fallait au moins avoir 250.000 m3 de capacités de stockage. Au fond, c’est aujourd’hui seulement que nous sommes en train de résoudre ce problème de déficit de capacités de stockage. Avec Senstock (160.000 m3) plus les 90.000 m3 déjà existantes, nous sommes donc à 250.000 m3. Aujourd’hui, si Senstock fonctionne correctement, nous avons les moyens de mettre en œuvre les capacités de stockage de sécurité pour 35 jours. Restera encore, toujours, le problème financier parce que le texte dit qu’il faut réaliser ces capacités de stockage de 35 jours pour chaque produit (fuel, carburant, gasoil, pétrole, diesel, etc.). Et si vous calculez tout cela en termes de 35 jours de frais de stockage, c’est assez important.

Cherté des factures malgré les coupures

C’est une question « Seneleco-Senelec ». Senelec a un contrat avec les clients de façon générale. Le contrat stipule que le compteur ou le comptage, c’est l’élément qui mesure votre consommation qui est facturée. C’est instrument de mesure, de la même manière que la balance qui est chez le commerçant, est soumis aux mêmes règles de contrôle et de certification. C’est le contrôle économique qui est chargé de s’assurer de la viabilité de ces éléments de mesure. Néanmoins, quand on installe un compteur chez un client, s’il pense que le compteur n’est pas fiable, il a la possibilité de demander un étalonnage comme c’est le cas pour les industriels. Quand vous demandez un étalonnage, on mesure et si l’on se rend compte que le comptage n’est plus fiable, les redressements nécessaires sont faits pour vous rembourser s’il y a eu des consommations anormalement chez vous. Le cas échéant, si votre comptage est normal et qu’il y a eu des pertes, on est obligé de redresser dans le sens de rattraper les pertes occasionnées. C’est plus simple quand il s’agit d’un abonné basse tension. La façon la plus simple de vérifier, c’est que quand il n’y a pas de délestage, coupez le disjoncteur et regardez le compteur. Si le disque tourne, ça veut dire qu’il y a de l’électricité quelque part dans la maison. Si ça ne tourne pas du tout, en ce moment il n y a pas d’électricité dans la maison. C’est pareil quand il y a délestage. La preuve, s’il vous arrive de rester un à deux mois hors de chez vous, certainement vous allez recevoir une facture qui ne sera pas celle que vous aviez l’habitude de recevoir. A partir de ce moment là, c’est extrêmement difficile de dire que les délestages sont là et les factures augmentent. On ne peut pas facturer les clients pour financer quoi que ce soit. Il y a cinq indicateurs sur lesquels on est mesuré en tant que commerciaux. Il s’agit, entre autres de la fiabilité de la facturation et le taux de recouvrement. Nous ne pouvons pas le faire parce que nous sommes aussi surveillés par la commission de régulation du secteur de l’électricité.

Améliorer le management et la bonne gouvernance à la SENELEC

L’Etat s’est engagé aussi dans la bonne gouvernance. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la nomination de Cheikh Tidiane Mbaye à la présidence du conseil d’administration  de la Senelec. C’est un signal fort que l’Etat a donné. La mission qui lui a été donnée est de proposer un nouveau mode de gouvernance car on ne peut pas demander aux populations de faire des efforts et ne pas dire à la Senelec d’en faire autant. Mais je crois que la gestion de Senelec va s’améliorer et cela va se répercuter sur le consommateur. Il faut donc aller vers une vente normale de service public de l’électricité pour permettre à la Senelec de pouvoir optimiser ses coûts pour donner un produit de qualité et qui ne soit pas aussi cher. Car on ne peut pas penser augmenter fréquemment le coût de l’électricité. D’ailleurs, il y a tellement de projets dans cette société pour permettre aux consommateurs d’avoir du courant à coût réduit mais, malheureusement, avec la crise qu’elle connaît,    ils sont suspendus car on ne peut pas investir en période de conjoncture.

Si on approvisionne correctement les centrales en combustible, il n’y aura pas de délestages. Même s’il y en a, c’est pour une heure. Et si on met un budget pour les pièces de rechange jusqu’en juin, la Senelec peut remettre à niveau certains équipements et entamer la procédure de location. Nous avons discuté avec les techniciens de Senelec qui soutiennent que si on règle les problèmes du combustible, en mettant des ressources pour l’entretien et l’équipement, la production sera normale.

Depuis 2003, trois centrales toutes neuves ont été achetées et mises en service. Il s’agit de Kounoune, Gti, C6 et C7 avec une capacité de 226 ou 286 Mw. L’approvisionnement de ces  centrales doit être sécurisé. Si on approvisionnait correctement les centrales, on ne devrait pas avoir de déficit.

Si Gti fonctionnait correctement, il y aurait juste un  équilibre  précaire. Si aujourd’hui on loue une capacité additionnelle pour permettre d’entretenir les machines et qu’on répare certains, Senelec, qui est à un niveau de production équilibré, va garder cet équilibre. Ce qu’il faut dire aux populations, c’est que les délestages sont les conséquences d’une situation qui est prise en compte par le gouvernement. Ce qui explique la mise en place de ce comité de relance et de restructuration du secteur de l’énergie. Il faut seulement espérer que les recommandations faites soient  appliquées dans quelques mois.

Subventions de l’Etat

Il faut préciser aussi que la Senelec vend à perte aux consommateurs. Elle produit une électricité à 167 francs Cfa le KW qu’elle revend à 108  ou 120 francs Cfa. Donc elle vend à perte. Elle vendrait plus à perte si l’Etat ne faisait pas un effort financier. On parle des nombreux milliards investis dans la Senelec mais il faut préciser que près de 210 milliards sont destinés à la subvention qui permet à chaque Sénégalais de payer moins cher son électricité. Cela mérite d’être clarifié.

La question des marchés réglée avec le statut de la Sar

Aujourd’hui, tout le monde, qu’il s’agisse du gouvernement, de l’Armp ou des bailleurs de fonds, sait que quand on dit plan d’urgence, c’est état d’urgence énergie. C’est une question de souveraineté. Le gouvernement sait là où il faut passer pour mobiliser les moyens et régler le problème et que les appels d’offres ne constituent pas un blocage. Sur la question des marchés, c’est assez simple. La Sar est  aujourd’hui une société privée. Elle n’est plus contrôlée par l’Armp ou la Dcmp.  Elle peut s’approvisionner librement en combustible comme elle a commencé à le faire par une communication appropriée il y a quelques jours. Elle va s’approvisionner car c’est une exigence de l’Etat et des autres actionnaires. Donc, il n’y a rien à craindre concernant les marchés car c’est une société privée. Les approvisionnements vont se faire à meilleur prix et dans la transparence.

Location temporaire d’une centrale par l’APIX

Pour ce qui est de la location qui est l’autre grosse affaire, Aminata Niane (directeur général de l’Apix) a prouvé qu’elle a la capacité de gérer dans la transparence ce volet. Elle a déjà commencé à le faire par une bonne communication. Il n’y a aucune inquiétude à se faire. En plus, pour les pièces de rechange et les autres accessoires, le Code des marchés publics prévoit des cas exprès d’urgence que l’Armp et la Dcmp autorisent tous les jours. En cas d’urgence justifiée, c’est l’Armp qui donnera les  autorisations. Donc, c’est vous dire que sur tous les plans, les marchés sont bien ficelés.

Les trois premiers éléments du plan d’urgence sont tellement bien verrouillés que, s’ils sont bien compris, théoriquement on ne peut pas avoir de problèmes car l’approvisionnement en combustible est confié à la Sar pour la sécurisation. La Sar a prouvé qu’elle pouvait le faire. La Senelec doit être en mesure de payer  et l’Etat s’est  doté des instruments de paiement par des lignes de crédit notamment de la Banque islamique de développement qui était déjà là et d’autres établissements bancaires qui sont venus s’y ajouter. La Sar va lancer les appels d’offres. Ce n’est pas encore le cas. C’est pourquoi nous sommes encore dans les délestages.  On est actuellement dans une situation de sortie de contrat. C’est à partir de fin mars que le processus va commencer. Mais l’Etat se donne les moyens de sécuriser  le paiement par la Senelec car si elle ne paie pas, ça ne pourra pas marcher. Mais elle va pouvoir payer parce que l’Etat du Sénégal et ses partenaires au développement sont déterminés et tout le monde sait que l’approvisionnement se fera de façon transparente. La Senelec va aussi s’approvisionner au meilleur prix des marchés car elle achetait parfois dans des conditions très compliquées. Parfois dans du cash dans le passé. Ce qui va disparaître car elle va revenir dans une situation normale pour une société comme elle. D’ailleurs, elle ne peut pas ne pas être rentable dans la mesure où elle produit un produit précieux que tous ses  clients paient cash  à la caisse. La confiance qui manquait va revenir car il y a une détermination des autorités avec des procédures de bonne gouvernance pour l’accompagner. La Senelec va être en mesure de s’approvisionner.

Normalement, on n’aura plus à nous retrouver  dans une situation où on arrête à cause du fuel. Car il y a des dispositifs de paiement qui se mettent en place et Senelec va être restructurée avec un rééchelonnement de sa dette  pour que ses revenus ne soient pas   gagés mais qu’il y ait une partie pour payer le combustible qui lui permet de fonctionner.

Croire au plan d’urgence

Théoriquement, la Senelec a des capacités qui sont supérieures aux besoins du pays. Mais il y a des centrales qui sont en panne ou mal entretenues, d’autres qui  marchent mais qui ne sont pas efficientes. En attendant que ces équipements soient pleinement fonctionnels, l’Apix va louer des machines qui vont permettre au pays de disposer de capacités fonctionnelles  pendant que le processus de maintenance et  de remise en état se réalise. Ce qui permettra de faire face à la demande et même quand il s’agira de faire encore une maintenance que la Senelec le fasse sans problème. C’est ce qui va se faire dans un court délai pour faire face à la demande. La seule conséquence, c’est qu’il y aura des productions très chères, une énergie pas toujours de bonne qualité. Mais concomitamment, le programme de création de nouvelles capacités continue. Ce qui fait qu’à la fin du processus, on aura des centrales optimisées et d’autres qui vont venir. Ce qui nous conduira à avoir à la fin un système de production  moderne, jeune, efficient, bien maintenu et qui va donner une énergie disponible pour d’autres pays mais aussi à des coûts supportables pour l’économie. C’est pourquoi, il faut croire en ce plan qui est fiable, bien maîtrisé avec un système de financement du combustible cohérent. Le comité n’a fait que des recommandations mais le gouvernement s’est déjà donné les moyens. Car si l’Apix a pu lancer des appels d’offres, cela veut dire qu’il y a une proximité entre ce que faisaient le comité et les autorités qui ne voulaient pas attendre au dernier moment pour agir. C’est important de relayer la fiabilité du système et son opérationnalité. Ce que nous avons dit est parfaitement réalisable de façon concomitante et maîtrisée car s’il y avait une faille, ça ne marcherait pas. Ce plan va dans le temps car  on ne peut pas régler les délestages et ne pas régler le problème de l’énergie et on ne peut pas le faire en un ou trois mois. Dans cette situation, on ne peut pas ne pas respecter les engagements pris. L’énergie, telle que nous le pensons et vu l’engagement de l’Etat, il n’y a aucune raison de douter. Jamais on n’a été aussi déterminé au niveau de l’Etat dans un projet comme celui là.

Les nouveautés du plan d’urgence

En juillet et août lorsque le ministre de l’Energie a été convoqué à l’Assemblée nationale, on était sceptique, pas convaincu pour l’avenir car la situation était sombre. C’est pourquoi le Crrse est très important car il y a le ministère qui défend une ligne très officielle, claire et technique mais aussi, il y a les syndicats. Cependant, il y a d’autres qui prennent le chemin d’aborder les choses sous d’autres angles. Pour la question de la sécurisation du combustible, on va créer un mécanisme qui sera logé quelle que part en dehors de la Senelec et qui ne s’occupera que de cette question. Ce fonds est mis en place et sera alimenté directement par le ministère de l’Economie et des Finances. Cela n’existait pas avant et c’est une nouveauté. Le combustible est le problème principal de la Senelec. Si on ne le règle pas, rien ne marchera. Aujourd’hui, il y a un changement. Un nouveau dispositif est mis en place avec un mécanisme spécial pour sécuriser le combustible.

Le gouvernement a décidé de sortir certaines questions du champ de la Senelec pour mieux les régler.  Cela vaut dire qu’on ne va pas fatiguer davantage les autorités de la Senelec à aller chercher quoi que soit mais on leur demandera de se concentrer sur des domaines techniques et spécifiques. Il y a un plan de location pour amener  des capacités additionnelles de 180 Mw dont 50 immédiatement. Ce qui a été confié à l’Apix qui travaille sur les investissements. Elle a déjà mis en place un comité technique pour optimiser les choix pour ne pas louer n’importe quoi. L’Apix a des instruments qui l’organisent, des  opportunités, des ouvertures et une crédibilité qui lui permettent d’aller louer des capacités additionnelles.

Création d’un dispositif pour suivre la mise en œuvre

On va créer un dispositif, une instance  pour suivre la mise en œuvre. Les choses sont en train de bouger. Il y a aussi la création d’un Conseil national de l’énergie qui ne s’occupera que de regarder  si telle action annoncée à telle date a été exécutée et si on a réuni les conditions pour ça. Ce sont ces modalités et instruments qui nous rassurent aujourd’hui. Ce sont des éléments nouveaux, concrets, dynamiques qu’il faut intégrer pour pouvoir impacter positivement sur la mise en œuvre. Le Conseil national de l’électricité est presque un conseil de guerre. Le président a voulu que ce soit ainsi. Chaque semaine, on voit si chacun a exécuté les responsabilités qui lui ont été confiées. Si ce n’est pas fait, on vire la personne. C’est cela l’esprit nouveau : aller en guerre contre les délestages. Si tout est mis en œuvre, il n’y aura pas de problèmes. Le combat, c’est celui de la mise en œuvre du plan d’urgence. Il faut qu’on exige sa mise en œuvre. Nous allons chercher les ressources qu’il faut pour trouver une solution au secteur de l’énergie. C’est pourquoi, les télécoms vont participer au renforcement du secteur de l’énergie. Nous sommes en face d’un malade (Senelec). Il ne faut pas l’acculer. Il y a un matraquage médiatique sur la Senelec avec des réclamations à n’en plus finir. Parfois, il nous est difficile d’aller faire le recouvrement ou de faire les relevés.  Il faut donc se concentrer sur ce malade qui était entretenu dans un système usurier.

Nous avons demandé au gouvernement de tout faire pour que la centrale à  charbon soit disponible en 2014, quelles qu’en soient les difficultés. C’est une recommandation forte du comité pour dire que nous travaillons pour trouver des solutions au secteur de l’énergie.

Pour relancer le secteur de l’Energie, le Comité a élaboré sept axes qui tournent autour de la sécurisation de l’approvisionnement en combustible de la Senelec avec l’implication du ministère de l’Economie et des Finances. Il est prévu aussi la construction de capacités de production permanente d’électricité pour accélérer la sortie de crise.

Axe 1 : Sécurisation de l’approvisionnement en combustible de la Senelec

La sécurisation de la Senelec en combustible, c’est faire en sorte que la Senelec ait assez de combustible pour faire fonctionner l’ensemble de ces unités. Malheureusement si vous prenez le parc, aujourd’hui sur un délestage estimé à presque 120 Mw, la semaine dernière, à peu près les 100 Mw sont dus à des problèmes de combustible qui n’est pas là. A coté des problèmes techniques, Il y a aussi un problème de trésorerie.

Depuis 2006, Senelec est dans l’importation, malheureusement, cette importation de fuel a créé une situation d’usure sur le plan financier. Le Ministère de l’Economie et des Finances, membres du Comité National mis sur pied et présidé par le Chef de l’Etat, va assurer la sécurisation financière des approvisionnements en combustibles, en mettant en place des ressources spéciales pour mettre en confiance les fournisseurs de combustibles, les banques, les assureurs, etc.

Quand on importe un bateau, d’abord la mobilisation des ressources pour ouvrir la lettre de crédit est déjà un problème. La Senelec, depuis un certain temps, marche avec des traites avalisées. Ce qui pose un problème parce que les coûts financiers sont énormes. Ces coût financiers à répétition ont produit une situation de trésorerie extrêmement tendue voire compliquée et qui pose aujourd’hui des difficultés pour l’entreprise de pouvoir mobiliser à chaque fois qu’il faut la quantité de fuel nécessaire.

Dans ce premier axe, il y a plusieurs recommandations, et l’une des recommandations, c’est de mettre Senelec dans des conditions de trésorerie qui lui permettent de ne plus rentrer dans ce circuit-là. Ainsi, l’importation de fuel revient à la SAR, avec l’implication du Ministère des Finances qui va mettre à disposition des ressources spéciales. La Senelec va donc retourner  dans son métier d’origine : produire, transporter et distribuer l’énergie.

Intervention du Fonds de Sécurisation de l’Importation des Produits Pétroliers (FSIPP)

Sur le point concernant l’approvisionnement correct en combustibles et produits pétroliers, on peut être optimiste. Un Fonds de Sécurisation de l’Importation des Produits Pétroliers (FSIPP) a d’ailleurs été mis en place, il va permettre l’alimentation correcte de la SAR en produits pétroliers, afin que les ruptures d’approvisionnements soient de mauvais souvenirs.

Si on ne résout pas le problème de l’énergie qui est tellement importante, on peut mettre une croix sur tous les autres objectifs économiques. A l’inverse, si on réduit ça, même en mettant sur pied des moyens additionnels au profit du secteur, ça peut générer des activités ailleurs qui peuvent aller au-delà des attentes.

Axe 2 : Mise en œuvre d’un programme d’urgence de réhabilitation et de capacité de production d’appoint

On a une augmentation annuelle de la demande en électricité de 8 à 10 %. Mieux que ça, il y a même une demande latente depuis quelques années qui est là et qui n’est pas satisfaite. Quand vous regardez les statistiques de la Senelec, il y a, dans l’année, une pointe réelle et une pointe estimée. Il y a une demande latente qui est là et qui est chiffrée entre 100 et à 150 Mw, indépendamment de l’évolution des besoins que vous avez mentionné. Cela nous amène au deuxième axe. Il faut donner plus de consistance à l’offre de production de l’énergie électrique. Le deuxième axe concerne la mise en œuvre d’un programme d’urgence de réhabilitation et de capacité de production d’appoint. Il faut le dire aussi, aujourd’hui, il n’y a pas que le combustible. Il y a la sécurisation pour faire face aux périodes de forte demande. Il y a des capacités qui sont là et qui sont inutilisables parce qu’il y a des problèmes d’entretien et de maintenance. On discutait avec quelqu’un de la centrale C4 qui n’est pas loin de 90.000 KW au total sur lesquels il y a 28.000 KW qui sont détenus. Le reste, il faut faire de la maintenance pour récupérer les autres KW. Il y a donc moins du tiers des capacités de cette centrale qui sont seulement disponibles. Avant de rechercher de nouveaux Mw, il coûte moins cher de récupérer les Mw perdus. C’est pourquoi le comité insiste pour que des efforts soient mis sur la récupération des capacités de production existantes. Au moins 50 Mw peuvent être récupérés sur les installations existantes dès cette année. Mais, parallèlement, il faut récupérer les capacités des autres installations et c’est pour cela qu’il a été envisagé l’idée de louer des capacités pour pouvoir, en toute sérénité, arrêter certaines des unités qui fonctionnent et puis les réhabiliter. Il faut, à coté des capacités de récupération, mettre sur pied des capacités d’appoint à travers la location. Toutefois, la location coûte chère. Si ça doit durer, il faut voir entre la location et la mise en place de nouvelles capacités. Les démarches sont engagées pour la mise en place de ces capacités d’appoint.

L’urgence aujourd’hui, c’est sécuriser les combustibles pour qu’au moins les centrales existantes puissent fonctionner correctement. Il est arrivé de réussir côté Senelec où on a un déficit de 120 Mw alors qu’on a une capacité qu’on peut mettre en marche 137 Mw. Je pense qu’il faut sécuriser d’abord. On n’est pas en situation de déficit, c’est le combustible qui a manqué donc il faut sécuriser d’abord ensuite récupérer les capacités qui ont manqué. Et après, il faut ajouter de l’appoint, immobiliser certaines unités pour pouvoir les réhabiliter et certainement faire face à la demande latente.

Axe 3 : Mise en place d’un plan agressif de gestion de la demande

Considérant que l’énergie la moins chère est celle dont la consommation a été évitée, le Comité exhorte le Gouvernement à engager un plan agressif de réduction de la demande, notamment à travers l’accélération de la mise en œuvre du programme des lampes à économie d’énergie, avec comme objectif une baisse de la demande de 60 Mw dont 50 Mw dès 2011. A cet effet, le Comité invite  le Gouvernement – subvention pour subvention – à soutenir financièrement les usagers pour l’acquisition de ces lampes (plutôt que l’augmentation de la production d’électricité à hauteur d’une puissance équivalente) et à œuvrer à l’adoption d’une loi d’interdiction de l’importation et de la commercialisation des lampes à incandescence.

La crise actuelle du secteur de l’électricité étant plus sévère que celle  connue par des pays émergents comme le Brésil et l’Afrique du Sud dans un passé récent, le Gouvernement est invité à examiner l’option d’obligation de réduction des consommations d’électricité pour les gros clients qui bien souvent disposent d’installations et de moyens à cet effet. Il convient de rappeler qu’en France, depuis 2006, certains acteurs économiques sont soumis à  une obligation de réaliser des économies d’énergie dont le volume est fixé par l’Etat.

Comme pour la location, ces dernières mesures devraient être strictement limitées dans le temps, en attendant la mise en place de capacités de production, permanentes, au premier rang desquelles les centrales au charbon.

Axe 4 : Construction de capacités de production permanente d’électricité pour l’accélération de sortie de crise : installation d’une centrale à charbon

Cette crise que nous vivons depuis quelques années est un peu le prix que nous payons par rapport à la croissance économique de ces dernières années. C’est aussi le prix que nous payons pour l’élargissement de l’accès à l’électricité. En milieu rural, par exemple, l’objectif était d’avoir un taux de couverture de 50 % en 2012. Cela veut dire qu’on va avoir toute la demande latente qui n’est pas satisfaite, une augmentation continue. Si on ne fait rien il, y aura persistance du déséquilibre entre l’offre et la demande. Ainsi le gouvernement est invité à mettre en place des capacités quasi permanentes. On parle de 180 Mw éventuellement de capacité permanente. Nous estimons aussi qu’en mettant en place cette capacité, le gouvernement doit garder à l’esprit la solution d’avenir du pays, la solution de sortie de crise aussi bien au plan technique qu’au plan financier. On a insisté lourdement pour que le gouvernement, en mettant en place cette capacité-là, envisage à l’horizon 2014 l’arrivée de la centrale à charbon. Nous estimons que c’est la meilleure solution de sortie de ce tunnel technique et économique. Aujourd’hui, le charbon coût environ 5 cents le KW/heure, pour le nucléaire 5 à 8 cents KW/heure selon les difficultés des pays, pour les centrales thermiques, le KW/heure coûte 29 cents. Le compte est fait. Aujourd’hui le Sénégal doit faire de meilleurs efforts pour que la centrale à charbon soit là en 2014, d’autant plus que c’est aujourd’hui la technologie la plus répandue aujourd’hui. Et par rapport aux émissions à effets de serre le Sénégal ne compte pour rien. Il y a certes des considérations d’ordres environnementales, mais pour autant çà ne doit pas être le premier de nos soucis, si on se compare à des pays comme les Etats-Unis, la Chine ou encore l’Australie.

Il y a, d’ailleurs, un projet qui a connu un certain nombre de phase intitulé « Indépendant Charbon » de 125 Mw. Il faut accélérer les choses. Les consultants nous disent que chaque année de retard constitue 100 millions de dollars de perte ; c'est-à-dire 300.000 de dollars par jour que le pays perd en retardant l’arrivée du charbon.

En attendant le nucléaire dans 15 à 20 ans pour régler les problèmes énergétiques, c’est le charbon qui va assurer la transition et les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables sont des énergies qui coûtent cher parce qu’il y a aussi le problème de maturité, de techniques. C’est l’avis d’experts mondiaux réunis lors du sommet mondial de l’environnement tenu il y a quelques mois.

Axe 5 : Restructuration

financière à la SENELEC

Senelec est très endettée. Il a des dettes vis-à-vis de ses fournisseurs et des dettes vis-à-vis de l’Etat notamment. Ce sont des dettes qui pèsent sur l’entreprise et qui également affectent la capacité d’endettement de Senelec. Si on veut que Senelec puisse conduire son développement en termes d’investissement, d’exploitation etc., il faut restaurer la capacité d’endettement de l’entreprise qui aujourd’hui est pratiquement nulle. Pour cela il faut faire un toilettage bilan de la Senelec. Et là également, il y a des mesures avancées notamment pour les dettes par exemple rétrocédées, dettes fiscales. Il est donc proposé à l’Etat qu’il y ait une consolidation en fonds propres de ces dettes-là. Ce sont des dettes vis-à-vis de l’Etat. Et ça aura un effet de trésorerie pour l’entreprise qui n’aura plus à débourser pour rembourser. La Senelec s’est également beaucoup endettée auprès des banques locales, régionales et ça crée des difficultés parce que souvent elle est obligée de domicilier les comptes in fine pour régler ces dettes ; elle se retrouve avec une trésorerie rabougrie. L’idée, c’est non plus d’essayer de racheter mais de refinancer cette dette- là moyennant 41 milliards de Francs Cfa avec l’appui des banques de développement. Il y a également à revoir les contraintes qui ont un caractère financier au niveau Senelec, tout comme celles qui sont d’ordre structurel comme c’est le cas pour ce qui est de la surcharge du combustible Senelec.

La régulation des tarifs est aussi à revoir. Les tarifs sont basés sur des projections sur cinq ans (2010-2014). Mais ces projections financières intègrent plusieurs choses notamment les investissements qui vont êtes faites sur la période et leurs effets sur les fonctionnements et sur les charges de l’entreprise. Une centrale comme celle de charbon qui devait être là en 2012-2013 avec un énorme impact sur les charges de combustibles, ne sera là qu’en 2012, mais on parle de 2014. Cela veut dire que toutes les prévisions qu’on avait faites pour asseoir les tarifs 2010-2014 sont à revoir. Donc il est nécessaire d’avoir des projections réalistes qui prennent en compte les modifications intervenues entre temps. Une révision intérimaire en quelque sorte. Ces éléments doivent être traités pour aider la Senelec à souffler sinon on ne s’en sortira pas. Le tarif est sous-évalué. Ce n’est pas nécessairement une hausse des prix parce qu’on assure à Senelec des revenus pour lui permettre d’assurer ses charges qui sont le résultat des investissements sur le parc et le combustible. Les cahiers des charges de Senelec ont été conçus de manière très avisée. Les tarifs garantissent la viabilité de l’opérateur c'est-à-dire la couverture de ses charges. Mais on sait aussi que le tarif a des conséquences sur le plan social, sur l’économie, donc le cahier des charges permet au gouvernement d’en faire un instrument pour faire avancer une politique sociale et économique. C’est ainsi que l’Etat compense parfois les revenus de l’entreprise. L’idée, c’est que la viabilité de l’entreprise ne soit pas mise en cause du fait des tarifs qui ne seraient pas en rapport avec ses revenus.

Axe 6 : Qualité de service à la clientèle et accès à l’électricité

Le comité a fait sien la qualité de service. On ne peut pas demander aux uns et aux autres de faire un effort en tant qu’actionnaire par exemple, de demander aux consommateurs de faire des efforts, les partenaires aussi, et que la Senelec ne se remette pas en cause vis-à-vis de la manière dont elle gère sa clientèle. Et c’est là où l’on pense apporter une contribution en termes de gestion interne sur le plan technique par exemple, en mettant en adéquation les réseaux. Parce que le tout n’est pas de jouer seulement sur le coté production, pour ne pas annihiler les efforts consentis. Il y a  bien entendu la gestion commerciale proprement dite.

Il faut y ajouter le problème de l’accès à l’électricité. Là aussi, le comité estime que la Senelec a beaucoup à faire dans son périmètre notamment coté production, transport et distribution. Pour ce qui est de l’électrification rurale, il y a une entité qui a été créée. Il s’agit de l’Aser à qui on a donné des moyens grâce à l’appui des bailleurs de fonds. Ils ont dit la dernière fois qu’ils avaient 117 millions de dollars des bailleurs de fonds qui ont été mobilisés pour apporter l’électricité en milieu rural.

Axe 7 : Mise en œuvre et suivi du plan d’urgence`

Le comité a insisté auprès du gouvernement pour que le plan d’urgence ne soit pas un plan de plus. On demande aussi d’assurer le suivi du plan d’urgence. Il faudrait que ce qui a été décidé soit réalisé et dans les délais.  Ces axes-là sont déclinés aussi en sous-mesures. Au niveau le plus élevé de l’Etat, le souci de mise en œuvre est là et c’est ce qui justifie le plan. Le Comité aussi s’assurer du suivi dudit plan et veillera sur la mise en œuvre des différentes actions retenues.

Le soleil

L’activité économique interne – sans compter avec l’agriculture - a enregistré une croissance de 4,7% en 2010, à la faveur de la bonne tenue des activités du tertiaire (4,0%), du primaire (4,7%) et des taxes sur les biens et services (11,1%).

Le secondaire, dans le même sillage, s’est relativement bien comporté, avec une hausse de 3,7%, selon la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).

En variation mensuelle, c’est-à-dire de novembre à décembre derniers, l’activité économique a enregistré une progression de 16,2% consécutive à la croissance des activités relevée dans tous les secteurs.

‘’Dans le tertiaire, la bonne performance des services d’hébergement et de restauration (38,3%), notée au mois de décembre 2010, s’explique par la haute saison, mais aussi par les retombées du Festival mondial des arts nègres’’, rapporte la DPEE. L’emploi salarié du secteur moderne est ressorti en hausse de 2,6% de novembre à décembre, du fait de l’augmentation des effectifs dans les secteurs secondaire (2,3%) et tertiaire (2,8%).

Sur une base annuelle, une progression de 9,3% de l’effectif du secteur salarié moderne a été observée grâce à l’effet cumulé des hausses relevées dans le secondaire (6,8%) et le tertiaire (11,5%). ‘’Ces résultats traduisent une bonne tenue de l’emploi durant l’année 2010’’, fait valoir le document.

Aps

L’activité économique interne – sans compter avec l’agriculture - a enregistré une croissance de 4,7% en 2010, à la faveur de la bonne tenue des activités du tertiaire (4,0%), du primaire (4,7%) et des taxes sur les biens et services (11,1%).

Le secondaire, dans le même sillage, s’est relativement bien comporté, avec une hausse de 3,7%, selon la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).

En variation mensuelle, c’est-à-dire de novembre à décembre derniers, l’activité économique a enregistré une progression de 16,2% consécutive à la croissance des activités relevée dans tous les secteurs.

‘’Dans le tertiaire, la bonne performance des services d’hébergement et de restauration (38,3%), notée au mois de décembre 2010, s’explique par la haute saison, mais aussi par les retombées du Festival mondial des arts nègres’’, rapporte la DPEE. L’emploi salarié du secteur moderne est ressorti en hausse de 2,6% de novembre à décembre, du fait de l’augmentation des effectifs dans les secteurs secondaire (2,3%) et tertiaire (2,8%).

Sur une base annuelle, une progression de 9,3% de l’effectif du secteur salarié moderne a été observée grâce à l’effet cumulé des hausses relevées dans le secondaire (6,8%) et le tertiaire (11,5%). ‘’Ces résultats traduisent une bonne tenue de l’emploi durant l’année 2010’’, fait valoir le document.

Aps

La Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao) proteste vigoureusement contre la décision de réquisition ainsi que celle de nomination d'un Directeur National, prises en violation flagrante des engagements internationaux pris par l'Etat de Côte d'Ivoire, en particulier à travers le Traité de l'UMOA. Elle l’a fait savoir dans un communiqué daté du 26 janvier 2011 et qui est signé par son gouverneur par intérim, M. Jean-Baptiste M. P. Compaoré.

Le Gouverneur par intérim de la Bceao informe, par la même occasion, le système bancaire et les agents économiques que les dispositions sont en cours pour qu'en accord avec le Président en exercice de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement et le Conseil des Ministres de l'Union, en relation avec le Président Alassane Ouattara, les réponses appropriées soient apportées dans les meilleurs délais à cette situation sans précédent dans l'Union. Pour l'heure, assure M. Compaoré, « toutes les agences de la Bceao installées sur le territoire de la Côte d'Ivoire sont fermées jusqu'à nouvel ordre ».

Cette sortie du gouverneur par intérim de la Bceao fait suite à la décision du Gouvernement du Président sortant de la République de Côte d'Ivoire, Laurent Bagbo, de réquisitionner les installations ainsi que le personnel de la Direction Nationale de la Bceao pour la Côte d'Ivoire, et de nommer les responsables de ladite Direction Nationale. A en croire, le gouverneur par intérim de la Bceao, « le 26 janvier 2011, les locaux de la Banque Centrale ont été investis et le personnel qui s'y trouvait a été retenu pour effectuer différentes opérations relevant des missions dévolues à la Banque Centrale ».

M. Compaoré rappelle que « ces actes font suite aux dispositions prises pour la mise en oeuvre effective des décisions du Conseil des Ministres de l'Union, lors de sa session extraordinaire du 23 décembre 2010 à Bissau, et de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Monétaire Ouest Africaine, à l'issue de son Sommet tenu à Bamako le 22 janvier 2011. Il s'agit notamment de la décision par laquelle le Conseil des Ministres de l'Union a instruit la Bceao de permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le Gouvernement du Président Alassane Ouattara, d'effectuer les mouvements sur les comptes ouverts au nom de l'Etat ivoirien dans les livres de la Bceao ».

Selon lui, « il importe de rappeler que la Bceao, Institut d'émission commun au Bénin, au Burkina Faso, à la Côte d'Ivoire, à la Guinée-Bissau, au Mali, au Niger, au Sénégal et au Togo, est un établissement public international régi par les dispositions du Traité de l'UMOA du 20 janvier 2007, des Statuts et du Protocole relatif aux privilèges et immunités de la Banque Centrale qui y sont annexés et en font partie intégrante ». Aux termes de ces textes, précise t-il, « les locaux de la Banque Centrale sont inviolables ».

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